L’espace-temps documentaire…

Samedi 18 Février 2012 à 11:02 - Catégorie: Le phare ouest
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Commençons par le  très bel outil de la British Library qui permet de parcourir une partie de ses collections à travers l’utilisation d’une frise chronologique ou plutôt d’avoir un aperçu de l’histoire (quelle que soit la taille de son h) à travers les les documents de la bibliothèque. De la Grande Charte à nos jours, manuscrits, enregistrements, premiers livres imprimés mais aussi des documents plus modestes : factures, lettres, journaux intimes témoignent de la vie quotidienne, de la culture et de la politique à travers les âges. C’est beau, ergonomique et c’est une des infinies possibilités qu’offriront demain les bibliothèques numériques.

La définotion (pouf pouf) de bibliothèque numérique a grandement évolué avec des sites tels que Youtube ou Flickr qui en sont devenues de fait. C’est pourquoi, selon Olivier Ertzscheid, un serveur qui s’éteint, c’est une bibliothèque qui brûle… (Dans notre débat de l’autre soir, il semblerait donc que c’est toi qui as raison, Y.)

La Bille bleue (Blue Marble) est, à mon sens, la photo la plus importante du XXème siècle. C’est un document qui témoigne de l’avancée technologique de l’humanité puisque qu’elle a été prise le 7 décembre 1972 par l’équipage d’Apollo 17. Ils étaient partis demander la Lune pour la dernière fois. Aucun autre homme n’a depuis posé son module sur le satellite terrestre. C’est également un document à la portée philosophique, politique, écologique et humaniste immense qui permet pour la toute première fois de se représenter simplement les différentes sphères de représentation qui devrait guider chacun de nos actes. Nous vivons sur un espace minuscule au milieu d’un espace immense, nous sommes de fait responsable de cette bille et de ceux qui y habitent. Responsabilité face au vivant et à la planète, unicité de l’espèce et de son écosystème, limitation de nos ressources, ces idées simples sont illustrées par cette boule dans le noir. Deux éléments sont importants dans la photo : d’une part l’ensemble du cercle visible est éclairé – les astronautes ont pris la photo avec le soleil exactement dans leur dos (on voit même leur ombre, si si, je vous jure) ; d’autre part, les parties émergées visibles sont la péninsule Arabique, la côte est de l’Afrique, Madagascar et l’Antarctique offrant une représentation rare du globe dans ses caractéristiques physiques, éloignés des représentations cartographiques les plus connues qui chacune témoigne bien plus d’un schème politico-culturel que d’une réalité universelle. Composée de 64 millions de pixels, assemblée à partir de clichés du satellite de détection Suomi NPP, record du nombre de vue sur le site, Blue Marble 2012 est un hommage à cette première photo. Prenez le temps de parcourir ce magnifique puzzle. (Quand je serai dictateur, il y aura dans chaque salle de classe deux documents : la Déclaration universelle des droits de l’homme et La Bille bleue, c’est vous dire si je suis cool.)

Enfin, la BNE nous rappelle un temps où les blondes ne pouvaient pas commander de hamburgers à la bibliothèque, c’était avant l’arrivée de Antonia Gutiérrez Bueno, première femme à pouvoir y étudier…

En guise d’épilogue, je vous laisse méditer sur cette brève de comptoir : “Pas besoin d’apprendre les choses puisqu’elles sont dans les livres, à la limite vaut mieux apprendre ce qui est marqué nulle part…” qui remet gravement en cause la profession de documentaliste.

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