Archives pour ‘Écrire’

Déclarer sa flamme

Mardi 02 Novembre 2010 à 19:37 - Catégorie: Citations
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« À l’écrivain ne sera jamais retirée la possibilité d’écrire – hormis dans l’extrême faiblesse du grand âge et la douleur physique intense – et ce sera pour lui un secours et une chance quand il fera l’expérience du deuil, de la maladie, de la solitude ou de la prison. Il tirera au moins ce profit de l’angoisse et de l’infortune. Mais écrire restera pour l’écrivain une exigence non moins impérieuse lorsque tout ira bien dans sa vie, lorsqu’il en sera à l’expérience de la quiétude, de l’équilibre et de l’amour. L’écriture empiétera alors sur son bonheur et il se peut que finalement elle ruine ce bonheur en lui disputant ses plus belles heures, en contestant sa souveraineté, si même elle ne lui nie pas sa qualité, tant il est vrai qu’écrire consiste à chercher rageusement ce qui ne va pas et que l’on n’écrit jamais en somme que des déclarations de guerre. »

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Je t’ai à l’oeil

Jeudi 01 Juillet 2010 à 18:19 - Catégorie: Fugitives
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Je suis obnubilé par ces histoires de regard et de vision. Mais je ne peux pas les écrire sans verser dans un intime qui ne m’appartient pas.

Je joue mentalement avec l’idée et tâche de résumer l’amour à un comptine. Comme si nous chantions l’amour alors que c’est bien le contraire, c’est l’amour qui nous chante, jusqu’à ce qu’il se fatigue de nous.

Tout se résume à ces visions.

D’abord, je t’ignore. Puis je te vois parce que tu m’apparais. Puis je te vois sans cesse, même quand tu es absente, surtout quand tu es absente. Puis je te vois sans cesse, à mes côtés. Puis je ne peux plus te voir parce que tu es toujours à mes côtés. Puis je te vois sans cesse parce que tu n’es plus là. Puis je ne te vois plus. Et je te regrette.

J’hésite beaucoup en ce moment. Entre le scalpel et la plume à l’encre rose…

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De la jardinite

Mardi 17 Novembre 2009 à 09:11 - Catégorie: Doppelgänger
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Bon, comme vous pouvez le constater, j’ai du mal à redémarrer.

Sans doute ce blog a-t-il plus de mal à s’inscrire dans ma nouvelle vie, vie qui elle-même n’est pas tout à fait fixée.

C’était mieux avant quoi.

Il y avait cette partie journal intime, vaguement indécente, tout à fait commune et peu passionnante pour qui n’était pas moi. Elle me permettait d’écrire quand je n’avais rien d’intéressant à écrire puisqu’écrire était le plus important. Aujourd’hui, alors que j’ai trahi l’amour et que l’amour m’a trahi, mon intimité a été surexposée pendant plusieurs mois. Certes pas face à toi, internaute anonyme et perdu, mais face à beaucoup des miens qui fréquentaient aussi mes blogs successifs. Cette situation m’embarrasse. Pas que je crois qu’une intimité puisse tout à fait être pénétrée et mise à jour. Et quand bien même, une intimité n’est pas grand chose. Mais les quiproquos qui me faisaient rire lorsque je racontais mes aventures pourraient devenir l’objet de pleurs et de grincements de dent. C’est moins drôle quand même. Je sais que je reprendrais mais je ne sais pas quand.

Il y avait cette partie où j’écrivais ce que je pensais du monde, en faisant croire que c’était drôlement important et que ce que je pensais était nécessairement intelligent pourvu que je l’écrivisse (c’est ça, non ?) bien. J’avoue que j’aimerais bien reprendre ça, en le structurant un peu plus, on verra.

Il y avait cette partie où je parlais d’Art et de tous les chefs-d’oeuvres forcément définitifs que je croisais parce que c’était quand même le plus important. Ca aussi j’aimerais le reprendre en le structurant un peu plus. Dans le genre, j’ai maintenant une rubrique hebdomadaire sur le site du cinéma Lux, qui parle de cinéma évidemment, avec ce ton à la fois goguenard et prétentieux qui vous fait m’aimer. Tiens d’ailleurs faut que la colle en lien sur la gauche…

Il y avait enfin ces courts textes de fiction qui me permettaient d’évacuer cette curieuse pathologie qu’est la vocation d’écrivain et qui vous empêche de dormir, d’écouter une conversation sur la mode ou de suivre un show télé tant que vous ne vous êtes pas débarrassé des phrases qui vous encombrent l’esprit. Mais hélas, tout ce qui me vient en ce moment semble avoir été écrit par Alexandre Jardin quand il était encore puceau. Par exemple quand tu écris « alors que j’ai trahi l’amour et que l’amour m’a trahi » comme je viens de le faire, t’as une jardinite aiguë. C’est comme la grippe A, il faut éviter de la transmettre. C’est ainsi. Je ne connais pas le problème de la page blanche mais il y a des périodes où je n’écris que de la merde. Vous me direz ça n’empêche pas de la poster, et c’est vrai, puisque je l’ai déjà fait… Mais j’ai des scrupules… Tant pis…

Comme quoi n’avoir rien à dire ne m’a pas empêché une fois de plus de l’écrire.

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