Les femmes-objets connurent le même sort que les autres produits de consommation courante. Produites à très grande échelle, rapidement obsolètes, un modèle remplaçant l’autre en fonction des modes, objets d’un marketing agressif, elles devinrent le marché au plus fort taux de croissance jusqu’à l’invention de la femme-objet jetable pour les magasins discount qui fit exploser les ventes : la mode passa. Le marché s’écroula quand on recréa la femme indépendante, indocile, insoumise qui ne pouvait évidemment pas se vendre.
On trouve encore quelques collectionneurs qui rachètent et réparent amoureusement d’anciens modèles de femme-objet au charme suranné : fétichistes achetant à prix d’or l’ensemble des accessoires de leur modèle préféré, esthètes déshabillant avec des gestes précautionneux les épaules de femmes parfaites pour ne pas abîmer un tissu que le temps a rendu fragile, vieux garçons jouant à la poupée au milieu d’un gynécée dont ils sont devenus les esclaves, écrasés par la peur de vieillir, au milieu de femmes qu’il aimeraient éternelles, et tenus en laisse par la dépendance sexuelle.
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