Mon Poing Dans ta Poche - le blog de Lobo

jeudi 08 mai 2008 - Liste de listes

Liste des 45 tours achetés à la foire aux greniers du 4 mai 2008, classés par ordre d’intérêt subjectif croissant

“The plastic age” Buggles 45 tours
Je ne connaissais que Video kills the radio stars, les deux faces sont chouettes, va peut-être falloir que je me penche sur l’album.

Popcorn Hot Butter 45 tours
Le 45 tours précise Version originale, ce qui n’es pas tout à fait exact… Mais il s’agit bien de la version de 1972, la plus connue celle qui te vrille le cerveau et qui te ferait presque oublier la super batterie. Un des ancêtres de l’électro. C’est beau le moog !

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Confidence pour confidence Schulteiss 45 tours
Mouais…

Tout pour la musique France Gall 45 tours
Parce que dans mes déficiences inavouables, il y a le couple France Gall, Michel Berger. France (tu permets que je l’appelle France) a un timbre qui me fascine et puis elle a bossé avec Gainsbourg pour des titres supers qui nous change des collaborations avec les chanteuses qui savent pas chanter (Birkin, Adjani, Charlotte…). Quant à Michel (tu permets que je l’appelle Michel), n’en déplaise à Gilbert Montagné, l’authentique Stevie Wonder français, c’est Michel… Excellent compositeur et mélodicien hors-pair, il a sût être moderne dans son utilisation du clavier sans que ses titres vieillissent au bout de trois mois. Après, on le sait, la variété française 80’s ne vaut pas grand chose, mais sans Michel Berger et France Gall, elle ne vaudrait rien du tout. En plus, y’a Résiste en face B.

Gimme ! Gimme ! Gimme ! ABBA 45 tours
Take a chance on me ABBA 45 tours
Parce que dans mes déficiences inavouables, il y a ABBA. La disco était une musique de pédés noirs, décadente, sexuelle, politique. ABBA en a fait une musique pour blondinets bourges bourrés de Kinder. Il ne faut jamais rien confier à des socio-démocrates. En même temps, ABBA est le groupe le plus classe du monde et je vous le prouve. Admirez le split-screen avec les jeux de regards, les flous hamiltoniens, le bon goût des tenues, les chorés des chanteuses…

My baby just cares for me Nina Simone 45 tours
Le carton pop tardif d’une grande dame à la carrière inattaquable. Nina, je te baise les pieds.

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vendredi 02 mai 2008 - La quinzaine du tigre

Tigre pris en défaut

Le 2 mai 1988, un tigre du Bengale, Panthera tigris tigris, mâle, mesurant de plus de trois mètres de long est observé alors qu’il mange un petit pot pour bébé. Il se lèche les babines avec satisfaction.

lundi 28 avril 2008 - Scriptorium

Vieux tango…

« Autrefois, il avait toujours combattu l’ennui par l’alcool et les femmes car les emmerdements qui s’ensuivaient du mélange des deux lui remplissaient l’existence. »

Christopher Moore, La vestale à paillette d’Alualu, p267.

lundi 28 avril 2008 - Louvette

Qu’a Nine ?

Merci Tymat.

mercredi 23 avril 2008 - Scriptorium

Tout est bien qui finit bien

« » Mais pendant que j’y pense, Watson, à propos de cette affaire de Norwood, vous voyez qu’il y avait un complice dans la maison. Ce ne peut être que Lal Rao, le maître d’hotel. Ainsi, Jones pourra se vanter d’avoir capturé tout seul un poisson dans son grand coup de filet.
— Le partage semble plutôt injuste ! C’est vous qui avez fait tout le travail dans cette affaire. A moi, il échoit une épouse ; à Jones, les honneurs. Que vous reste-t-il donc, s’il vous plaît ?
— A moi ? répéta Sherlock Holmes. Mais il me reste la cocaïne, docteur !
Et il allongea sa longue main blanche pour se servir. »

Sir Arthur Conan Doyle Le signe des quatres I, p208

jeudi 17 avril 2008 - La quinzaine du tigre

La chasse au tigre d’appartements (2)

Précédemment…

SALONS, SALLES A MANGER, DE RECEPTION, LIVING-ROOMS, BIBLIOTHEQUES, FUMOIRS, BUREAUX :

Ces pièces sont l’idéal pour la chasse à dos d’éléphant d’appartements. Cette chasse, qui est sans conteste la plus noble et la plus exotique, présente cependant une difficulté. L’homme bien né a l’habitude d’acheter des yearlings ou des chiens de chasse, mais il est parfois démuni face à l’éléphant d’appartements. Il ignore s’il y a des sabots sous les pattes massives et où se trouve exactement la truffe. On a même vu des lords confondre la trompe et la queue et se faire moquer dans les clubs des années durant. Cela gâche le goût d’un bon cigare et peut déstabiliser au whist.

Rien n’est plus facile pourtant que de se procurer un bon éléphant d’appartements. Il suffit d’en acheter deux et d’abattre au bout d’une semaine d’observation attentive, le moins souple, le plus chétif, le moins beau. C’est à la fois un excellent moyen de rendre l’autre plus docile et l’on contribue ainsi à l’amélioration constante de l’espèce.

Le tigre et l’éléphant sont naturellement ennemis. S’il perd ses moyens devant la souris, devant le tigre, l’éléphant n’est jamais sans défense.

La chasse commence après qu’on a fait sortir femmes, enfants et domesticité des pièces concernées. Pour appâter le tigre, on peut jeter du haut de l’éléphant de petits indigènes dont les cris de douleur et la faible constitution attirent immanquablement le fauve. Alors qu’il les attaque et les entraîne derrière les fauteuils pour mieux les dévorer, il faut tirer.

Ne croyez pas que cette chasse réclame moins de patience que la chasse à l’affût. Tirer à dos d’éléphant un tigre qui passe devant les cheminées n’est pas évident. Le pas lourd du mastodonte, la respiration massive du pachyderme font une sorte de houle qui empêche d’ajuster tout à fait le tir. Surtout devant les buffets de famille ou les bibliothèques art nouveau. Mais que diable, la chasse au tigre d’appartements est une aventure, et il faut parfois lui sacrifier les miroirs centenaires ou les incunables. On peut même, s’il n’y a pas trop de témoins, tirer une ombre pour achever les croûtes affreuses qu’il y a parfois au mur. Le plus intéressant dans la chasse au tigre d’appartements est bien de se comporter comme un ruffian dans un lieu civilisé. Si l’on abat un fauve, il faut le saigner de ses propres mains immédiatement, plonger ses avant-bras dans les entrailles chaudes, pousser un grand cri sauvage, puis lui arracher la peau soi-même. Ensuite, il faut reprendre contenance.

Le soir, après une bonne journée de chasse, en dégustant un cognac, on se rappelle, au feu de camp, la journée passée. On fignole les anecdotes et taille les bons mots qui feront notre succès au club. Car une bonne chasse au tigre est faite pour être racontée ; il faut y mettre du suspense, du frisson, un peu de sang et beaucoup d’humour. Avant d’aller se coucher, on visite dans sa tente le petit Ali, cinq ans, qui a servi d’appât et qui y a laissé une jambe. Il est pris par les fièvres et délire. On lui assure, après lui avoir offert un petit objet brillant, qu’on vit très bien quand on est unijambiste et que cela fait des économies de chaussure.

À suivre…

vendredi 11 avril 2008 - La quinzaine du tigre

Le tigre dans la littérature enfantine

«Faits amusants

Les tigres sont rayés (de part en part). Si vous rasiez un tigre (et cela n’arrive que très rarement), vous verriez les bandes correspondant aux rayures sur la peau.

Nota bene : Ne faites pas cela à la maison !»

Trouvé dans Wikijunior.

vendredi 11 avril 2008 - La quinzaine du tigre

Éloge funèbre du tigre

Il est devenu tout à fait convenu de louer la nature pour sa foisonnante beauté. On s’extasie dans un restaurant au dernier étage de la Tour Montparnasse ; le mauvais vin coule à flot, c’est le printemps, les jupes sont courtes, et au loin le soleil se couche.

« Quand même, buuuurp, c’est beau la nature !!!!»

On voit là que c’est parfois l’estomac plus que la raison qui gouverne la parole chez les hommes. On voit aussi que l’homme oublie souvent le nasique, le marabout d’Afrique, le caméléon de Jackson et le bacille de Koch. C’est que l’homme pense au tigre.

Le tigre est en effet absolument superbe. C’est le seul être vivant qui n’a pas l’air complètement con en pyjama rayé.

Il a le bon goût de ressembler à un animal domestique ce qui attendrit les petites vieilles et les enfants. Comme il a en plus le bon goût d’être un super prédateur, il épate aussi les hommes d’affaires et les petites frappes. Autant dire que le tigre fait l’unanimité. Son style, analysé par les plus grands prescripteurs de la mode, joue sur cette double tendance de la peluche adorable et du tueur sanguinaire. Une gueule presque poupine, jouant avec les arrondis, dont la douceur est accentuée par un pelage long, et des oreilles courbes. On lui donnerait le bon Dieu sans confession si on ne l’avait pas déjà filé par erreur à plein de gens qui ne le méritaient pas. Comme l’homme, c’est en ouvrant sa gueule qu’il révèle sa vraie nature : quatre canines qui sont autant de poignards et qui font le malheur des cerfs et même des crocodiles. Parfois, il mange les tigreaux des autres. Le tigre ne plaisante pas. C’est le plus grand félin du monde. Heureusement qu’on en a un. Les autres mondes nous nargueraient sans cela.

Sa confondante beauté n’est pas dénuée de calcul. Le tigre est un animal sciemment nocturne afin qu’on ne devine pas sur les photos ses yeux cernés et sa déplorable hygiène dentaire. Son intelligence dépasse l’instinct. Il y a d’autres indices. Jamais on a vu de tigre à une pièce de théâtre de boulevard ou à une comédie musicale française. Nous pouvons même aller plus loin, à ce jour, aucun tigre n’a ri en regardant Bienvenu chez les Ch’tis. Le tigre trouve le rire vulgaire. Il préfère à la trivialité des plateaux télé la beauté sombre des mangroves ou la désolation grave des forêts de conifères sibériennes. Il compose alors de petits poèmes très touchants qu’il garde pour lui. Il a quand même une réputation. Il se les récite en tirant un sanglier derrière un buisson pour le manger plus tard. Cela parle de nostalgie, de l’odeur du sang, de la joie des bains, du temps où les tigres étaient plus de cent mille. Du temps d’avant que plus de la moitié de leur population ne soit en captivité. Du temps où les tigres attaquaient aussi bien le kurde que le yakoute, où leur empire dépassait celui d’Alexandre, où ils étaient les seigneurs incontestés de leurs territoires. S’ils n’étaient pas libres, on ne les voyait qu’au pied des empereurs, nourri d’esclaves choisis ou se battant une dernière fois contre des gladiateurs. Ils y trouvaient encore de la noblesse.

De nos jours, ils s’ennuient dans des zoos où les enfants les appellent gros chats et où on leur jette des bouts de viande déjà morts. On les a mis entre les singes hurleurs et les porcs chinois, le bruit et l’odeur associés au supplice de Tantale. Le tigre de Sumatra subit la bruine normande et celui de Sibérie le soleil de Floride. Le soir, repu après le nourrissage, à l’heure de la fermeture, alors que les derniers badauds passent, le tigre regarde le soleil se coucher et se dit que décidemment l’humanité n’est pas très belle.

mercredi 09 avril 2008 - La quinzaine du tigre

À chaque jour suffit son tigre

C’est ben vrai, ça…

mardi 08 avril 2008 - La quinzaine du tigre

La chasse au tigre d’appartements (1)

Il faut, en temps de paix, maintenir une activité virile pour éviter de saper les bases morales de la jeunesse bien née. On ne devient pas l’élite d’une nation uniquement en lisant les poètes royalistes. Il faut aussi pratiquer la chasse au tigre.

Tous les honnêtes hommes n’ont pas le temps ou l’envie d’aller aux Indes, au Bangladesh ou en Sibérie. Et si certains chasseurs séditieux la pratique encore, nous estimons que la chasse au zoo laisse trop peu de chance à l’animal et guère plus au chasseur. La promiscuité sociale en prison est une bien triste chose.

La chasse au tigre d’appartements est un sport viril, qui construit le caractère et clarifie l’esprit. Elle nécessite un éléphant d’appartements — car même les hauts plafonds des hôtels particuliers hausmanniens sont trop bas pour que l’on se juche sur un éléphant d’Asie sans danger —, un fusil de gros calibre et quelques indigènes de contrées lointaines dont le sabir abscons et l’odeur inattendue ajoutent une touche exotique dans le décor familier de votre chasse. Si l’on suit la mode, on prendra des Ch’tis, quitte à les affubler de pagnes.

Les techniques de chasse varient selon les pièces :

CUISINES ET DEPENDANCES :

C’est le seul endroit où l’on se passe de l’éléphant. Dans les cuisines, l’honnête homme pratique une chasse à l’affût. Il s’installe en fin d’après-midi, le plus confortablement possible, caché sous quelques palétuviers, derrière les robinets. Il choisit les jours autour de la pleine lune pour d’évidentes raisons de visibilité nocturne. Pour l’agrément, il peut se faire accompagner d’une jeune vierge qui saura le maintenir éveillé toute la nuit en lui racontant, dans sa langue natale, les légendes de son pays.

En été, c’est dès le crépuscule, et en pleine nuit l’hiver, que le tigre d’appartements vient boire aux éviers. Parfois même, il se jette à l’eau. Comme le chat, le tigre est un animal propre, mais sa queue est trop éloigné de sa tête pour qu’il puisse la lécher. Son hygiène irréprochable — une tache sur des rayures fait toujours très mauvais effet — l’astreint à des bains réguliers. C’est un nageur émérite et il aime se baigner, nu, au clair de lune, dans une casserole en cuivre, laissée à tremper. Il ne faut pas se troubler devant sa beauté sauvage. Mieux vaut épauler et attendre patiemment le moment idéal, puis retenir son souffle et tirer en pensant à la France.

Le tigre fait de fort belles descentes de lit et l’on vend très avantageusement son pénis séché aux chinois impuissants. Si l’on a tiré une femelle, on a plus de mal à faire affaire : le chinois doit alors être impuissant et un peu demeuré. Ils sont un demi-milliard, cela se trouve sans trop de peine.

Cette chasse à l’affût n’est pas sans danger. Si par habitude, le tigre vient aux éviers en passant près des robinets, l’honnête homme peut se laisser surprendre, qui plus est avec une jeune vierge à peine vêtue — vous connaissez les moeurs étranges des aborigènes. Pour sa sécurité et sa réputation, l’honnête homme doit alors faire montre d’une mâle énergie et balancer sans scrupule la vierge dans les pattes du fauve avant de s’enfuir en courant et en tenant son chapeau d’une main. Le lendemain, par pure bonté d’âme, il prévient les parents de la fugue de la petite et promet de construire un puit au village l’année suivante. Il peut même reprendre du maroilles en disant que c’est très bon.

La chasse à l’affût est une bien belle chasse, mais elle ne vaut certainement pas la chasse à dos d’éléphant que l’on pratique dans d’autres salles.

À suivre…