Mon Poing Dans ta Poche - le blog de Lobo

jeudi 04 septembre 2008 - Étalage de confiture

CTI ou c’est pas vraiment du jazz

CTI, c’est un de mes labels fétiches, pas encore entendu un mauvais album sorti de là. C’est du jazz, certes, mais pas du bop à papa. Quand j’achetais ce genre de truc dans le rayon jazz de la FNAC à l’époque où ils vendaient des disques et où il y vait un vendeur compétent, il me les ramenait du fond du rayon, tenant l’objet du délit entre deux doigts et se bouchant le nez de l’autre main car pour lui, ce n’était pas vraiment du jazz… Il n’avait pas tort, ce n’est pas vraiment du jazz, c’est aussi du funk, de la soul, de la samba, du rythm and blues, de la disco. Un mélange sauvage de la virtuosité jazz et d’idiomes populaires. C’était bon et ça l’est toujours. Un blog se consacre depuis peu de temps à se merveilleux label, aux productions léchées et aux sidemen de très haut niveau :
The CTI never sleeps
Allez-y faire un tour, téléchargez par exemple le Idris Muhammad et dites-m’en des nouvelles.

mercredi 03 septembre 2008 - Le nombril du monde

Retour d’acide

Il semblerait qu’on se fasse à mes absences. D’habitude, j’ai droit à un concert d’inquiétude vaine et de réclamations excessives. C’est mieux comme ça.

Bon, mes vacances étaient mortelles, comme d’hab. Pantruche sera toujours Paris, le Cantal m’a à nouveau rendu foi en l’homme et en la vie et j’ai appris qu’acquis de conscience s’écrivait en fait acquit.

Et je rattaque une nouvelle année plein de bonnes résolutions. Dans ma résistance — rien à voir avec le mouvement français Résistance® — au sarkozysme, et puisque je faisais déjà parti de la france qui se lève tard, j’ai décidé de travailler moins pour gagner moins. J’ai donc pris un mi-temps au Plux, je quitte le meilleur vidéoclub du grand Ouest et je file en caisse, avec des horaires beaucoup plus cool qui me permettront de voir ma fille plus d’un week-end sur deux et de l’embrasser le soir avant qu’elle se couche. Sur la fiche de paye, c’est un coup de fusil. Au niveau moral, c’est bon comme une chanson de la Compagnie Créole. Rassurez-vous, je ne ponctionne pas les caisses de l’État. J’arrète de fumer, je taxe des fruits au mec de ma mère qui bosse aux Halles et je renonce de manger du foie gras chaud tous les jours. Ma femme, elle, se demande encore à quel moment elle s’est faite avoir.

Je passe donc pas mal de temps à m’occuper de ma fille. Maintenant que le mammouth vit en tranches au supermarché, c’est devenu le summum de la virilité. Elle va à la crèche. Vous qui n’avez pas d’enfant, vous ne savez sans doute pas ce qu’est une crèche. C’est un endroit où des femmes à la voix aigue et au débit surarticulé rassurent les adultes pendant que les bébés vaquent à leurs occupations — rien à voir avec une obscure période de l’histoire française, l’Occupation®. Ils sont posés sur un tapis sur le dos, incapables de se déplacer, rappelant curieusement ces documentaires animaliers sur les morses, où sur des plages surpeuplées, on peut mourir écrasé par un autre sans avoir eu le temps de faire un mouvement. Si ma fille va à la crèche, c’est bien évidemment pour apprendre à se battre. Je suis très fier d’annoncer qu’elle a remporté son premier combat à peu près dix minutes après être arrivée en éclatant Suzon grâce à une belle tentative de crevaison d’oeil. C’est peu orthodoxe, puisque nous les loups on préfére viser les jugulaires, mais c’est le résultat qui compte.

La crèche est fascinante à plus d’un titre, et je ne peux m’empêcher d’y voir en réduction l’utopie capitaliste. Des êtres humains, à qui on parle comme des débiles, au milieu d’une profusion effarante de jouet, dans un univers ultra-sécurisé (clanches, prises éléctriques sont toutes à 1m60 de haut), avec un sous-prolétariat qui s’occupe de leur moindre besoin. Dans le coin, sous les Tchoupi, on devine les pages saumons du Figaro Économique. Je suis de plus en plus convaincu que la puériculture est un modèle politique.

Ma femme, de son coté, sans doute sous la pression sociale puéricultrice, a enfin abandonné le stalinisme. Elle ne porte plus la moustache, ne pend plus de moujik et travaille dans un lycée autogéré. Je considère cela comme une grande victoire. Pour être tout à fait honnête, elle panique un peu, les élèves la tutoient et l’appellent par un prénom qu’elle déteste, elle balait la cour de ses feuilles mortes et le parti ne lui dit pas quoi voter. Elle découvre la démocratie directe et je suis très fier d’elle. J’espère qu’elle tiendra le choc, parce qu’on a beau savoir que l’anarchie est la plus belle chose qui soit, c’est aussi la plus difficile, parce qu’on passe son temps à discuter avec des enculés de gauchistes. L’esclavage, c’est quand même plus simple. Surtout quand on a fait lettres classiques.

Évidemment, je commence à chercher du boulot ailleurs, parce que ma femme va bien finir par se rendre compte qu’on vit à deux sur ses revenus et que c’est toujours moi qui fait la grasse matinée. J’ai donc démarché chez Ouest-Rance et j’ai des contacts avec une revue de voyeurisme, rien n’est fait, mais vous tenez l’idée. Je veux écrire. N’importe quoi. Fini, Victor Hugo ; fini, Albert Londres… Correspondant, pigiste, n’importe, j’y vais. Si vous avez des plans…

mardi 26 août 2008 - Court-métrage

Bon début

Entendu ce matin, à la radio, un célèbre écrivain :
« Je suis comme vous et moi. »
Ouf…

jeudi 03 juillet 2008 - Les sales squatteurs de Radioflon

Radioflon 109

Bon, ben voilà, je me fais squatter par ma communauté musicale. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour draguer de jeunes hommes sans que ma femme ne se rende compte de rien et accessoirement pour faire des découvertes et m’engueuler avec des gens sur la musique, ce qui est passionnant, on voudra bien le reconnaître. Toutes les semaines, chaque membre envoie un morceau et la semaine suivante, on vote pour nos préférés. Mes morceaux sont souvent les meilleurs mais je gagne jamais, les gens ont mauvais goût que voulez-vous. Tout ça génère forcément des contraintes techniques qui, un jour ou l’autre, devaient me retomber dessus. Voilà, ça explique cette chose toute noire sur laquelle vous pouvez écouter de la musique, que, des fois, elle est bien et d’autre fois, elle est pas bien.


 

mercredi 02 juillet 2008 - Moutons

Herald Wladymeer le retour

J’avions raté trois fournées des vérités vraies d’Herald Wladymeer :
la seizième
la dix-septième
et puis la suivante.

Ce type est le plus drôle du web, objet d’un culte étrange concernant trois personnes et demie (ouais, je suis pas grand).

J’avions rattrapé mon retard.

mardi 01 juillet 2008 - Étalage de confiture

Strange fruits ou j’ai tuer Pascal Nègre

Il est temps de faire ensemble un premier bilan de mes télechargements. Pour ne pas faire que vous ennuyer avec des références, je vous propose en même temps la bande, plus ou moins, originale de cette note.

J’ai téléchargé un peu plus d’une trentaine d’albums et j’en ai gravé vingt. La dizaine d’autre avait soit un son vraiment trop pourri, soit ce sont avérés des déceptions. Déception souvent à la hauteur de l’attente comme vous pouvez l’imaginer. Vous connaissez une référence depuis dix piges, vous la cherchez, vous l’imaginez, vous la fantasmez, vous en rêvez la nuit et quand vous la trouvez enfin, c’est une vieille radasse. On est parfois plus amoureux d’une absence comme disait Prout.

Curieusement, alors que je suis plutôt un adepte des musiques noires, ce n’est pas du tout ce que je grave. Je suis plutôt parti sur des trucs que je connais pas trop ou que j’ai du mal à trouver.

J’ai gravé d’abord du son pour ma fille, à quatre mois, elle exprime une nette préférence pour les medium et les aigus, voix de femmes et d’enfants, guitares, pianos, violons… En vrai, à quatre mois, elle exprime pas grand chose, mais les sons basses lui font un peu peur. Je lui ai donc gravé des comptines d’Amérique du Sud et un album de Björk quand elle avait onze piges et qu’elle faisait des cover en islandais. T’as vu un peu la classe. Pendant que ton chiard écoute Anne-Sylvestre ou, pire encore, Bobby Lapointe (putain, Bobby, je te hais, arrète de me saouler avec tes jeux de mots et retourne lire l’Almanach Vermot) la mienne elle écoute Bjork qui chante les Beatles… Les comptines sud-américaines, c’est parce que je voulais que ma femme chante des berceuses en espagouin à ma gamine. Sauf qu’elle en connait pas alors, j’en ai cherché, et je suis tombé la dessus. Et ça a marché. Je suis machiamoniaque que voulez-vous ?

Je chope aussi pas mal de saloperies dans ce qu’on va classer un peu arbitrairement dans la catégorie easy listening, un ensemble de trucs indéfendables qu’on va dire en anglais pour passer pour un mec branché : french pop (en vrai du yéyé), cover-band, crooners, compiles lounge, musique d’illustration et compagnie. Écoute Monique Thubert et Eddie Barclay et son orchestre. Tu sens la moiteur torride du clavier de Monique ? Et tu penses quoi du groove métronomique d’Eddie ? Oui, oui, ils s’agit bien du Eddie Barclay que tu connais. T’aime pas… On passe à la suite alors.

La musique de films ritale des années 70. Bacalov, Ortolani, Micalizzi, Cipriani. Une vieille obsession, mais hélas, peu de rééditions en CD et les vinyls peuvent atteindre des prix plus que prohibitifs, quand ils existent… Heureusement Paul Durango est là. C’est mon blog préféré en ce moment.

C’est du côté des musiques brésiliennes et des rocks psyché et progressif que je m’éclate le plus : les cinq derniers morceaux de la play-list sont d’authentiques chefs-d’oeuvre (même si une fois de plus le son est pas super, toutes mes excuses). Le tout dernier est un morceau rock prog tchèque qui m’obsède en ce moment et qui provient de ma communauté musicale que j’ai et où on passe notre temps à nous engueuler gentiment sur les morceaux qu’on a envoyé et même que c’est vachement chouette.

Deux petits jeux maintenant.

1/ En commentaire de cette note, pourriez-vous m’indiquer votre titre préféré chez muxtape. Le morceau qui aura recueilli le plus de vote servira de point de départ de la prochaine sélection.

2/ Trois questions :

Qui est l’arrangeur de Luis Bonfá sur l’album Jacarandá ? (C’est mon arrangeur brésilien préféré après Sergio Mendes et l’auteur de deux album que j’adore sur le label CTI records)

Kevin Ayers a fondé un groupe avec Daevid Allen, Mike Ratledge et Robert Wyatt, puis il s’est barré comme un voleur, quel est le nom de ce groupe ?

Qui c’est le tonton de Ananda Shankar ?

Vous m’envoyez tout ça par mail grâce à la page Contact avec votre morceau préféré de la sélection (sauf le tout dernier, vu que j’ai pas l’album correspondant et que je le cherche comme un fou) et je fais une copie de l’album correspondant à leur morceau préféré aux trois premiers à m’envoyer les bonnes réponses uniquement par mail et accompagnées de leurs coordonnées postales. Si les bonnes réponses sont mises en commentaires, elles seront effacées et le coupable eliminé.

Le googlage est vivement conseillé.

vendredi 27 juin 2008 - Étalage de confiture

Humour noir

Steve Coleman a eu la malchance de naître noir aux États-Unis. Son conseiller d’orientation de l’affirmative action voyant qu’il était nul en sport lui a proposé au choix taulard à Folsom ou saxophoniste à Brooklyn. Il a choisi Brooklyn, le jazz et le sax alto, a fondé le M’Base qui regroupe quelques-uns des plus excitants jazzmen des nineties, joue aussi bien avec des rappeurs qu’avec des instrumentistes traditionnels du monde entier et tient un discours sur la musique plein de naïveté bête dans lequel on reconnaît les mots partage, communauté, don, plein de mots rigolos et inutiles.

À force de dire des bêtises, il a fini par en faire et a mis en ligne sa musique gratuitement.

En plus, il se croit obligé de se justifier.

Hi, hi, hi.

lundi 23 juin 2008 - Étalage de confiture

Le chef-d’oeuvre inconnu

Je continue de pêter les plombs sur le téléchargement.

Ce qui est cool, c’est que ça me file une grande envie de musique, que je me remets à écouter mon discman en me couchant pour pouvoir me plonger totalement dans des albums et qu’à nouveau la musique est la plus belle chose du monde — car oui, parfois, j’ai des doutes, vous savez ce que c’est, on voudrait n’avoir que des chefs-d’oeuvre à se mettre sous la dent, on se plaint que tout ait été déjà fait, on a en marre des productions hyper compressées et que tout se ressemble. Ça arrive quand on écoute quatre à dix heures de musique par jour. Dans ce cas, la prescription est simple, une journée de silence… Et on reprend avec un disque incontestable, un Coltrane, Rock Bottom, ce genre…

En ce moment, j’ai envie de découverte, de terres vierges, je cherche des disques parfaits évidemment. Mais je cherche surtout des chefs-d’oeuvre inconnus, rares, inédits…

Alors soyons snobs si vous le voulez bien, dites-moi quel est le son qu’il faut que je chope. Le truc que personne ne connaît à part vous. L’album mésestimé parce qu’arrivé à un mauvais moment. Le groupe obscur qui a fait un chef-d’oeuvre et a disparu à jamais. La perle rare. Le monstre. Étonnez-moi. Surprenez-moi.

vendredi 20 juin 2008 - Le nombril du monde

C’est ma tournée

Juste pour vous dire que demain soir, je serai au Camino à partir de 22H30. Il paraît que c’est la Fête de la Musique. On s’en fout, j’irai surtout pour bouffer des saucisses et boire du ti-punch, en évitant la cohue du centre-ville. Et ça me ferait plaisir de vous y voir. Je vous offre un coup sur présentation de cette page web. Et c’est valable aussi pour les gens que je connais pas. Si vous aimez vraiment la musique, y’a un concert d’Amadou Kouyaté au sous-sol.

lundi 16 juin 2008 - Le nombril du monde

Trio mondain

Pour nous, la belle saison est synonyme de mondanités. Et ce week-end, c’était mondain.

Samedi midi, barbecue chez Yo! et la Gatita, en compagnie de trois de leurs amis. La Gatita, ainsi qu’une autre jeune fille sont enceintes, elles sont belles comme des coeurs (ouais, je kiffe la femme enceinte) et la conversation tourne souvent autour des bébés actuels et futurs pendant que Louvette dort dans le salon. Personnellement, je mange le plus de protéines possibles en évitant les salades en signe de protestation politique. On est chez des hippies gauchistes : artistes, agriculteurs bios et RMIstes qui mettent du quinoa dans la tomate, je vais pas me laisser faire et j’enchaîne côtes d’agneau, saucisses à l’oignon, poitrine fraîche et sardines. On passe un chouette moment, même si Yo! essaie de nous embarquer dans les manifs de l’après-midi contre les sans-papiers et pour la pub ou le contraire, je ne sais plus. Mais vu qu’on est de simili-mariage le soir, on a une bonne excuse.

Le soir donc, ma belle-mère et son amant fêtent leur premier baiser dix ans auparavant. Réception au château de Creully, femmes en robe (c’est à dire qu’à part une meringue, deux caniches et une radasse, elles sont vachement belles), hommes en costume (c’est à dire qu’on ressemble à un alignement de boîtes à chaussures), champagne, buffet sous les voutes, coucher de soleil sur la plaine, la grande classe. La majorité des convives n’a jamais vu la Louvette et je reste dehors avec elle parce que c’est plus calme et que ça me donne une bonne excuse pour suivre le nez au ciel les allers-retours d’un crécerelle. Un gang de grand-mères débarque, elles font ça à l’ancienne, en arrivant en scréde, une par une, elles endorment ma méfiance avec des cadeaux… Je vois pas le coup venir et au bout dun moment, je compte sept mamies en train de glousser, s’extasier, tirer sur les joues voir si elles tiennent bien et vérifier si ma fille à bien trois bourrelés aux cuisses. Ça ne loupe pas, la petite se met à pleurer, je vais la balader dans le parc, elle se calme. Je la remonte. Je confie la poussette à un ancien, du genre un peu taiseux en me disant qu’il fera un rempart suffisant le temps que j’aille chercher une coupe. Quelques secondes plus tard, je reviens, l’ancien a abandonné son poste chassé par trois mamies déchaînées. Et je me retrouve finalement avec un nouvel attroupement et une Louvette qui pleure. On fini par aller bouffer, la Louvette est couchée, et on se tape une super cloche. J’arrive à m’enfiler l’équivalent de deux bouteilles de vin tout en restant un parfait gentleman, grâce à la vieille technique qui consiste à manger deux fois plus qu’on ne boit. Je suis assis entre ma femme et sa cousine (qui est aussi sa filleule). Je l’ai connue, elle avait trois ans. Maintenant elle a un décolleté qui m’empêche de découper ma viande proprement. Autant dire que je suis comme un coq en pâte. J’aime bien ses grandes réunions. J’y vais toujours à reculons, à cause des conversations un peu creuses qui les amorcent. Mais j’aime ce moment où tu sens toute la trame d’un vie réunie au même endroit : familles, amis et collègues. J’ai souvent l’impression qu’on est soi totalement que par la somme du regard des autres. Que ce toubib grande-gueule qui sort ma belle-mère (et pour qui j’ai beaucoup d’estime) est plus que cela ce soir, l’enfant qui jouaient sur les genoux d’un oncle octogénaire et le médecin brillant qui fait carrière et qui finit par diriger un centre, le père inquiet et l’ami sûr. Nos hôtes font deux supers discours vachement émouvants, où nous sommes cités régulièrement, enfin surtout ma femme et ma fille. Et on repart tard avec dans le ventre de quoi calmer une émeute de la faim.

On passe le dimanche à roupiller entre deux Louvette et on reçoit Vinnie et sa petite famille pour le goûter, histoire d’être sûr d’attraper un diabète pendant le week-end. J’avais pas vu sa femme depuis dix ans et jamais ses mômes. Oui, merci, c’était cool. Cornes de gazelle de chez Marcel et thé des Ryads, pépère…